Les dangers des compléments alimentaires

Les dangers des compléments alimentaires

Vitamines, gélules de plantes, poudres pour sportifs : les compléments alimentaires se sont installés dans les habitudes des Français.

Ils s’achètent sans ordonnance, parfois en quelques clics, et sont marketés comme miraculeux. Pourtant, les agences sanitaires rappellent régulièrement que les dangers des compléments alimentaires existent bel et bien.

Surdosages, interactions avec des traitements, produits mal contrôlés : les signalements s’accumulent depuis plusieurs années.

Faisons le point sur ce sujet pour adopter les bons réflexes autour des compléments alimentaires.

Un complément alimentaire est une denrée alimentaire destinée à compléter l’alimentation habituelle. Il apporte une source concentrée de nutriments, de plantes ou d’autres substances. On le trouve en gélules, en comprimés, en sachets de poudre ou en ampoules.

Contrairement aux médicaments, sa commercialisation ne nécessite aucune autorisation de mise sur le marché. Le fabricant déclare son produit auprès de l’administration, puis demeure responsable de sa conformité et de la sécurité du consommateur.

Par conséquent, aucun complément ne peut revendiquer un effet thérapeutique. Les allégations sur la santé affichées sur les emballages sont elles aussi encadrées par la réglementation européenne.

Cependant, la réalité du marché s’en éloigne parfois. Lors de son enquête menée en 2023, la DGCCRF a relevé au moins une anomalie dans un tiers des 270 établissements contrôlés.

Depuis 2009, l’Anses pilote un dispositif de surveillance appelé nutrivigilance. Celui-ci recueille les signalements d’effets indésirables liés aux compléments alimentaires, aux aliments enrichis ou aux boissons énergisantes.

En 2024, l’agence a reçu environ 500 déclarations. Un peu plus de la moitié comportaient assez d’éléments pour être analysées en détail.

Les femmes représentaient 67 % de ces cas, pour un âge moyen de 44 ans. Cinq signalements associaient une gravité et une probabilité de lien très élevées.

Ces chiffres restent limités au regard des volumes vendus. Toutefois, ils rappellent une évidence : un produit vendu librement n’est pas forcément un produit sans risque.

Le surdosage, un risque discret

Le premier danger tient à l’accumulation. Certains compléments contiennent des vitamines et des minéraux à doses élevées. Or de nombreux aliments du quotidien sont déjà enrichis en ces mêmes nutriments. Additionner plusieurs produits augmente donc le risque de dépasser les limites de sécurité.

Ce cumul est souvent sous-estimé, car chaque boîte semble anodine prise isolément. Dans un cas signalé à l’Anses en 2024, une personne consommait jusqu’à quinze produits différents par jour.

Les interactions des compléments alimentaires avec les traitements

Le second danger vise les personnes sous traitement. Par exemple, certaines plantes ne se contentent pas d’apporter des nutriments : elles agissent comme de véritables substances actives et peuvent générer des interactions négatives.

Quelques exemples parlent d’eux-mêmes :

  • la levure de riz rouge contient une molécule qui peut amplifier l’effet d’un anticoagulant ou de certains antibiotiques,
  • la mélatonine, très utilisée pour le sommeil, nécessite un avis médical dès qu’un traitement est en cours,
  • le millepertuis, souvent proposé contre la baisse de moral, réduit l’efficacité de nombreux médicaments, dont certains contraceptifs oraux.

Tous les compléments ne présentent pas le même niveau de risque. En réalité, trois familles de produits concentrent l’essentiel des signalements.

Le point commun ? Elles promettent toutes un résultat rapide et visible.

Les produits minceur

Ils arrivent largement en tête des signalements. Pour tenir leur promesse, beaucoup misent sur des extraits de plantes ou des mélanges complexes. Or ces substances agissent parfois sur le foie ou sur les reins.

L’Anses recommande ainsi de ne pas consommer de compléments contenant la plante Garcinia cambogia, et a fixé des seuils limites lorsque du curcuma est présent.

Les produits pour sportifs

Protéines, brûleurs de graisse, formules pré-entraînement : ces produits séduisent bien au-delà des salles de musculation.

Pourtant, le bilan officiel invite à la prudence : entre 2016 et février 2024, l’Anses a enregistré 154 nouveaux cas d’effets indésirables, dont 18 très graves. Deux personnes en sont décédées.

Les compléments alimentaires destinés aux sportifs peuvent être dangereux.

Les troubles cardiaques dominent nettement : tachycardie, palpitations, parfois arrêt cardiaque. En cause, notamment, la présence de substances interdites comme les stéroïdes anabolisants, le clenbutérol ou l’éphédrine.

Les produits capillaires et « beauté »

Ces compléments promettent des cheveux plus forts ou une peau plus nette. Ils reposent souvent sur de fortes doses de vitamines. De ce fait, le risque de surdosage augmente vite lorsqu’on les associe à d’autres produits.

Les recommandations officielles ciblent plusieurs profils bien identifiés.

Avant toute prise, un avis médical s’impose notamment pour :

  • les femmes enceintes ou allaitantes,
  • les enfants et les adolescents,
  • les personnes souffrant d’une maladie cardiaque, rénale ou hépatique,
  • les personnes épileptiques ou asthmatiques,
  • les personnes atteintes d’une maladie auto-immune ou inflammatoire,
  • les personnes présentant des troubles de l’humeur ou du comportement,
  • toute personne suivant déjà un traitement médicamenteux.

À l’inverse, certaines personnes tirent un bénéfice réel de ces produits. Un régime végétalien, par exemple, ne couvre pas les besoins en vitamine B12. Là encore, un professionnel de santé doit être consulté pour orienter le choix.

Un bilan médical avec son médecin permet de faire le point sur un potentiel besoin en compléments alimentaires.

Les compléments alimentaires ne sont ni des produits miracles, ni des produits anodins.

En l’absence de pathologie, une alimentation variée et une activité physique régulière suffisent le plus souvent à couvrir les besoins. La question à se poser reste donc toujours la même : en ai-je vraiment besoin ?

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Les compléments alimentaires sont-ils remboursés par la Sécurité sociale ?

Non, ces produits ne relèvent pas du statut de médicament. L’Assurance Maladie ne les prend donc pas en charge. Certaines complémentaires santé proposent toutefois des forfaits prévention qui peuvent couvrir des consultations de diététicien.

Peut-on prendre des compléments alimentaires toute l’année ?

Les autorités sanitaires déconseillent les prises prolongées ou répétées sans suivi. Demandez l’avis de votre médecin pour toute prise au long cours.

Un complément vendu en pharmacie est-il forcément sûr ?

La pharmacie fait partie des circuits les mieux contrôlés, ce qui limite les risques de fraude. Cependant, cela ne supprime ni les interactions médicamenteuses ni les risques de surdosage. Le conseil du pharmacien garde donc toute son utilité.

Que faire en cas d’effet indésirable après la prise d’un complément ?

Arrêtez le produit et consultez rapidement un professionnel de santé. Conservez l’emballage, car il facilite l’identification des ingrédients. Votre médecin ou votre pharmacien pourra ensuite effectuer un signalement officiel.

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