Contraception hormonale : quels sont ses effets sur le corps ?

Contraception hormonale : quels sont ses effets sur le corps ?

Pilule, implant, stérilet hormonal : les solutions pour éviter une grossesse sont nombreuses. La contraception hormonale est la plus utilisée en France, et la pilule arrive en tête des méthodes employées.

Pourtant, ses effets soulèvent beaucoup de questions. Prise de poids, humeur, règles, caillots sanguins : que disent les autorités de santé ?

Voici des éléments pour comprendre ses effets et en parler avec un professionnel de santé.

La contraception hormonale regroupe les méthodes qui utilisent des hormones de synthèse pour éviter une grossesse. Il s’agit en général d’œstrogènes, de progestatifs, ou des deux.

Ces hormones agissent ainsi de trois façons :

  • elles bloquent l’ovulation, c’est-à-dire la libération d’un ovule,
  • elles épaississent la glaire cervicale (le mucus situé à l’entrée de l’utérus), ce qui freine les spermatozoïdes,
  • elles rendent la paroi de l’utérus moins favorable à l’installation d’un embryon.

En pratique, plusieurs formes existent :

  • la pilule, combinée (œstrogène et progestatif) ou microprogestative (progestatif seul),
  • le patch, collé sur la peau et changé chaque semaine pendant trois semaines,
  • l’anneau vaginal, placé soi-même et laissé en place trois semaines,
  • l’implant, un petit bâtonnet inséré sous la peau du bras, efficace trois ans,
  • le DIU hormonal, aussi appelé stérilet hormonal,
  • l’injection de progestatif, réservée aux cas où les autres méthodes ne sont pas possibles.
Différentes méthodes de contraception hormonale.

Attention toutefois : ces méthodes ne protègent pas des infections sexuellement transmissibles (IST).

Comme tout médicament, un contraceptif hormonal peut entraîner des effets indésirables. Cependant, ils ne touchent pas toutes les utilisatrices.

Pour les pilules, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) cite notamment :

  • des saignements entre les règles, appelés spottings,
  • des maux de tête et des douleurs aux seins,
  • de l’acné, une peau grasse, une chute de cheveux ou une pilosité plus marquée,
  • une baisse de la libido ou des troubles de l’humeur, pouvant aller jusqu’à la dépression,
  • des kystes aux ovaires.

Ces effets se retrouvent aussi avec les autres contraceptifs contenant un progestatif, comme le DIU hormonal.

Et la prise de poids ?

Certaines femmes signalent une prise de poids sous pilule. En revanche, l’Assurance Maladie précise qu’aucune preuve ne l’établit pour la pilule combinée.

Contrairement au progestatif pout lequel la prise de poids fait partie de ses risques connus.

Dans tous les cas, ce n’est pas une fatalité. Parlez-en à votre médecin, à votre gynécologue ou à votre sage-femme : il pourra réévaluer votre contraception avec vous.

Le risque de caillots sanguins

Ce risque concerne surtout les contraceptifs combinés : pilule, patch et anneau. Cela peut provoquer une phlébite, une embolie pulmonaire ou un accident vasculaire cérébral (AVC). Le tabac, l’obésité, l’âge (après 35 ans) et les antécédents familiaux augmentent ce risque.

C’est pourquoi les autorités recommandent en priorité les pilules à moindre risque, notamment celles au lévonorgestrel. Le risque global reste faible, mais ses conséquences peuvent être graves.

Certains signes imposent d’appeler le 15 ou de consulter en urgence :

  • une douleur ou un gonflement d’une jambe,
  • un essoufflement brutal ou des crachats de sang,
  • une douleur intense dans la poitrine,
  • une faiblesse soudaine d’un côté du corps, une difficulté à parler ou un trouble de la vision.

Le méningiome : un risque très faible

Un méningiome est une tumeur le plus souvent bénigne des méninges, les enveloppes du cerveau. Une étude EPI-PHARE a montré une très légère hausse de ce risque avec le désogestrel utilisé au moins un an.

Ce risque disparaît un an après l’arrêt. L’étonogestrel, présent dans l’implant et certains anneaux, est également concerné.

Sans symptôme (trouble de la vision et de l’équilibre, maux de têtes intenses), n’arrêtez pas votre contraception : abordez le sujet lors de votre prochaine consultation.

La contraception hormonale ne se résume pas à ses inconvénients. Elle peut aussi améliorer le confort de certaines femmes :

  • la pilule combinée rend souvent les règles moins douloureuses,
  • le DIU hormonal peut réduire la durée, l’abondance et les douleurs des règles,
  • certaines méthodes font disparaître les règles.

Avant tout, il n’existe pas de contraception idéale pour toutes. Le choix se fait donc avec un médecin ou une sage-femme, après un échange sur vos antécédents personnels et familiaux.

Avant et pendant une contraception combinée, une prise de sang vérifie aussi le cholestérol et le taux de sucre. Ensuite, un suivi régulier reste indispensable, au moins une fois par an pour les méthodes combinées.

Côté budget, la pilule est prise en charge à 100 % jusqu’à 26 ans, sans avance de frais. Au-delà, les pilules remboursables le sont à 65 %. Attention : le patch, l’anneau et certaines pilules ne sont pas remboursés.

La contraception hormonale est efficace et globalement bien tolérée. Elle peut toutefois provoquer des effets indésirables, et plus rarement des complications à surveiller.

Bien informée, vous pouvez repérer les signes d’alerte et choisir la méthode qui vous convient avec un professionnel de santé.

Si vous cherchez une mutuelle, UCR propose des complémentaires santé adaptées à chaque situation pour limiter votre reste à charge.

Est-il normal de ne plus avoir ses règles sous contraception ?

Oui, dans de nombreux cas. En effet, les pilules au désogestrel et le DIU hormonal peuvent faire disparaître les règles. Sous pilule, l’absence de règles n’est pas inquiétante si vous n’avez oublié aucun comprimé. Après un oubli, faites en revanche un test de grossesse.

Que faire en cas d’oubli de pilule ?

Avec un retard de moins de 12 heures (3 heures pour certaines pilules progestatives), prenez le comprimé tout de suite. Au-delà, suivez la notice et utilisez des préservatifs pendant 7 jours. En cas de rapport non protégé dans les 5 jours précédents, pensez à la contraception d’urgence. Votre pharmacien peut aussi vous guider.

Peut-on fumer en prenant la pilule ?

Oui, mais le tabac augmente nettement le risque de caillots sous contraception combinée. Après 35 ans, ce type de contraception est même contre-indiqué chez les fumeuses. Des alternatives existent toutefois, comme les pilules microprogestatives. Parlez-en ouvertement à votre médecin.

Où trouver des conseils fiables sur la contraception ?

Votre médecin, votre sage-femme ou votre pharmacien restent vos premiers interlocuteurs. Vous pouvez aussi contacter un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification et d’éducation familiale).

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