Chaque 19 juin représente la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose qui est la première maladie génétique en France.
Elle impacte massivement la vie des personnes atteintes et n’a pas de traitement définitif à l’heure actuelle.
Mieux la connaître, c’est contribuer à une prise de conscience globale et soutenir les patients qui vivent avec cette pathologie au quotidien.
Qu’est-ce que la drépanocytose ?
La drépanocytose, aussi appelée anémie falciforme, est une maladie héréditaire qui affecte l’hémoglobine. Cette dernière est la protéine contenue dans les globules rouges, chargée de transporter l’oxygène dans tout l’organisme.
Chez une personne atteinte de drépanocytose, les globules rouges se déforment. Ils prennent une forme de faucille ou de croissant. Ces globules anormaux sont plus rigides et plus fragiles que des globules sains.

Ils s’agrègent et obstruent les petits vaisseaux sanguins, empêchant l’oxygène d’atteindre correctement les organes et les tissus.
Une maladie génétique héréditaire
La drépanocytose se transmet selon un mode autosomique récessif. Cela signifie qu’un enfant ne développe la maladie que s’il hérite du gène muté des deux parents.
Si un seul parent transmet le gène, l’enfant devient « porteur sain » : il ne présente généralement aucun symptôme, mais peut transmettre le gène à ses propres enfants.
La maladie touche en particulier les populations originaires d’Afrique subsaharienne, des Antilles, du bassin méditerranéen, du Moyen-Orient et de certaines régions d’Inde.
En France, environ 400 enfants naissent chaque année avec cette pathologie, et plus de 32 000 personnes en sont atteintes sur le territoire.
Quels sont les symptômes et les complications ?
La drépanocytose se manifeste de façon très variable d’un patient à l’autre. Certaines personnes vivent avec des symptômes modérés, d’autres traversent des crises invalidantes.
Les principaux signes sont :
- Une anémie chronique, qui provoque fatigue, pâleur et essoufflement.
- Des crises vaso-occlusives (CVO), épisodes de douleurs intenses liés à l’obstruction des vaisseaux sanguins. Elles peuvent toucher les os, l’abdomen ou la poitrine.
- Une sensibilité accrue aux infections

Des complications graves à surveiller
Avec le temps, la maladie peut entraîner des dégâts sur les organes. La drépanocytose est notamment la première cause d’accident vasculaire cérébral (AVC) chez l’enfant.
Les reins, le foie, les yeux et le coeur peuvent également être touchés au fil des années. Ces complications justifient un suivi médical régulier et rigoureux tout au long de la vie.
Comment diagnostiquer et traiter la drépanocytose ?
Un dépistage désormais universel en France
Depuis le 1er novembre 2024, tous les nouveau-nés peuvent être dépistés pour la drépanocytose dans le cadre du programme national de dépistage néonatal, qui inclut désormais 13 maladies.
Pour les personnes non dépistées à la naissance, l’électrophorèse de l’hémoglobine reste l’examen de référence pour confirmer le diagnostic.
Quelles options thérapeutiques aujourd’hui ?
Il n’existe pas à ce jour de traitement universel capable de guérir la maladie. La prise en charge repose sur plusieurs axes complémentaires.
- Traitements médicamenteux : réduire la fréquence des crises et de prévenir certaines complications.
- Transfusions sanguines : nécessaires pour traiter l’anémie sévère.
- Greffe de moelle osseuse : seul traitement curatif, mais très lourd et complexe

Ces dernières années marquent un tournant avec l’arrivée des thérapies géniques, qui modifient les cellules souches du patient pour lui permettre de produire une hémoglobine fonctionnelle. Ces avancées apportent un espoir concret, même si leur accessibilité à grande échelle reste un défi.
Vivre avec la drépanocytose au quotidien
Malgré la sévérité de certaines formes, de nombreuses personnes atteintes de drépanocytose mènent une vie active avec un accompagnement adapté.
Plusieurs gestes simples aident à limiter les crises : s’hydrater suffisamment, éviter les variations de température brusques, se protéger des infections, et adapter ses activités physiques.
Un suivi régulier chez des médecins spécialisés est essentiel pour ajuster le traitement, surveiller les organes et gérer les épisodes aigus.
Les associations de patients jouent également un rôle précieux : elles offrent soutien, information et accompagnement aux malades et à leurs proches.
Une maladie qui mérite toute notre attention
La drépanocytose touche des milliers de personnes en France, souvent dans l’invisibilité.
Elle avance vers une meilleure reconnaissance grâce aux progrès du dépistage et aux espoirs portés par la recherche.
FAQ : vos questions sur la drépanocytose
Est-ce que la drépanocytose est une maladie contagieuse ?
Non, la drépanocytose n’est pas contagieuse. C’est une maladie génétique héréditaire, transmise uniquement par les parents via leurs gènes. Elle ne se transmet pas par contact, par l’air ni par le sang.
Peut-on être porteur de la drépanocytose sans le savoir ?
Oui. Un porteur sain possède une copie du gène muté et une copie normale. Il ne développe généralement pas la maladie mais peut la transmettre à ses enfants. Le dépistage par électrophorèse de l’hémoglobine permet de le savoir.
Mon enfant a été dépisté positif à la naissance : que faire ?
Un résultat positif au dépistage néonatal doit être confirmé par des examens complémentaires. Votre pédiatre vous orientera vers un centre spécialisé qui prendra en charge le suivi de votre enfant dès les premiers mois de vie.
La drépanocytose est-elle prise en charge par l’Assurance Maladie ?
Oui. La drépanocytose est reconnue comme affection de longue durée (ALD), ce qui permet une prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour les soins liés à la maladie. Certains frais annexes peuvent néanmoins rester à la charge du patient, selon les garanties de sa complémentaire santé.