Don d'organes : comment ça marche ?

Don d’organes : comment ça marche ?

Des milliers de personnes attendent une greffe en France. Le don d’organes après la mort peut sauver des vies et permettre à des personnes gravement malades de retrouver un quotidien presque normal.

Pourtant, les règles du don d’organes sont parfois mal connues. Faut-il s’inscrire quelque part ? Existe-t-il un âge limite ? Que se passe-t-il vraiment à l’hôpital ? Comment exprimer son refus ?

Voici donc l’essentiel pour savoir comment le don d’organes fonctionne en France.

La loi repose sur un principe : le consentement présumé. Autrement dit, vous êtes considéré comme donneur si vous n’avez pas exprimé de refus de votre vivant. Ce principe date de 1976. Il a ensuite été renforcé en 2017.

Les équipes médicales ne décident jamais seules : avant tout prélèvement, elles vérifient systématiquement que la personne n’avait pas manifesté d’opposition, auprès du registre national et de la famille.

Trois règles encadrent le don :

  • Il est gratuit
  • L’anonymat du donneur et du receveur est total
  •  Les prélèvements sont réservés à des fins thérapeutiques ou scientifiques

Les proches peuvent toutefois savoir quels organes ont été prélevés, et le receveur peut adresser une lettre anonyme à la famille du donneur via les coordinations hospitalières.

Le refus reste un droit, réalisable librement à partir de 13 ans. Il peut s’agir d’un refus total, ou d’un refus partiel excluant certains organes ou tissus.

Trois moyens existent pour l’exprimer :

  • S’inscrire au registre national des refus, en ligne ou par courrier.
  • Rédiger un document daté et signé, puis le confier à un proche.
  • L’exprimer à l’oral à son entourage. Un proche transmettra ensuite cette opposition à l’hôpital.

Il est également révocable ou révisable à tout moment de la vie.

Plusieurs organes se greffent aujourd’hui : les reins, le foie, le cœur, les poumons, le pancréas et l’intestin.

Des tissus peuvent également être prélevés : les cornées, la peau, les os ou les valves cardiaques.

Source : dondorgane.fr

Globalement, le rein reste de loin le plus greffé. En 2025, la France a réalisé 3 867 greffes rénales, contre 1 431 greffes de foie.

Non, contrairement à une idée reçue. En 2025, l’âge moyen des donneurs décédés prélevés était de 58 ans.

Ce sont donc l’état de santé et les antécédents médicaux qui comptent. Chaque situation s’évalue au cas par cas.

La procédure suit des étapes précises, les proches sont accompagnés par une équipe pluridisciplinaire tout au long du processus :

1. Le constat du décès.

Il revient à des médecins qui n’appartiennent pas aux équipes de greffe. Cette séparation garantit l’indépendance des décisions.

2. L’entretien avec les proches.

Il a lieu après l’annonce du décès et un temps pour absorber la nouvelle. C’est le moment de faire le point sur une potentielle volonté de refus et d’expliquer les procédures.

Au terme de cet entretien, si le défunt est donneur, la famille peut voir le corps une dernière fois avant l’intervention.

3. Les examens médicaux.

Des analyses et de l’imagerie évaluent l’état des organes. Ces examens permettent ensuite d’orienter le greffon vers un receveur compatible.

4. Le prélèvement et le transport

Une fois les prélèvements effectués, les organes sont conditionnés à 4°C et transportés le plus rapidement possible vers les receveurs compatibles.

5. Et ensuite ?

Deux points rassurent souvent les familles.

D’une part, le médecin doit assurer la meilleure restauration possible du corps. D’autre part, l’hôpital prend en charge les frais liés au prélèvement et à la restitution du corps.

Le don ne concerne pas que les personnes décédées. On peut en effet donner un rein, ou bien une partie de son foie.

En 2025, 15,6 % des greffes de rein provenaient d’un donneur vivant. La loi encadre strictement cette démarche. Le donneur doit être majeur, volontaire et en bonne santé.

Le cercle autorisé est large : parents, enfants, frères et sœurs, conjoint, grands-parents, oncles, tantes ou cousins germains. Une personne proche depuis au moins deux ans peut aussi donner.

Le don d’organes repose sur un cadre légal clair. Mais il repose aussi sur le dialogue, que vous soyez pour ou contre.

En 2025, la France a réalisé 6 148 greffes, un record. Pourtant, plus de 23 000 personnes attendaient encore un greffon début 2026.

L’attribution des organes prélevés repose sur des critères médicaux : les personnes dont la vie est menacée à très court terme et les enfants sont prioritaires.

Faire connaître votre position à votre entourage reste donc le geste le plus utile, quand chaque minute peut compter.

Faut-il une carte de donneur ?

Non, aucune carte n’est obligatoire en France. Seul le refus doit être formalisé. Une carte peut néanmoins servir à ouvrir la discussion avec vos proches.

Ma famille peut-elle s’opposer à mon don ?

Vos proches ne décident pas à votre place. Ils témoignent seulement d’un refus que vous auriez exprimé de votre vivant. C’est pourquoi leur en parler change tout.

Une maladie chronique empêche-t-elle de donner ?

Pas systématiquement. Un diabète ou une hypertension bien suivis n’excluent pas le don. L’équipe médicale évalue chaque dossier individuellement.

Puis-je changer d’avis après m’être inscrit au registre ?

Oui, et à tout moment. Vous pouvez modifier ou annuler votre inscription, en ligne comme par courrier, auprès de l’Agence de la biomédecine.

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